Les Poissons >> POISSONS DE SAVOIE>> Les salmonidés

Les salmonidés

Cliquer sur les liens pour découvrir les espèces

Famille des Salmonidés

> La truite de rivière


> La truite arc en ciel


> L'omble de fontaine


> L'omble chevalier


> L'omble du Canada

 

 

 

 


 > Revenir en haut de page <

La truite de rivière

Nom latin : Salmo trutta fario
Noms communs : truite fario, truite commune, truite de rivière, truite brune


 Souche méditerranéenne

 Souche atlantique

Forme : Elle a un corps fusiforme et une silhouette très élancée et hydrodynamique, caractères favorables à une nage rapide.

 

Une grosse tête avec une bouche largement fendue (les mâchoires dépassent, vers l’arrière, le bord postérieur de l’œil)
Une grande nageoire caudale (de la queue) à bord postérieur droit ou faiblement échancré.
Une petite nageoire adipeuse présente sur tous les salmonidés entre la dorsale et la caudale.

Couleur : Les couleurs de la robe peuvent être très variable en fonction des habitats et microhabitats.
La truite adapte sa couleur en fonction de son environnement (camouflage). Elle sera très claire sur un fond sableux, et très sombre sur un fond de rochers ou dans des « caches » de sous berges.
En lac, la robe de la truite fario est de plus en plus argentée au fil du temps et la ponctuation s’estompe.

La pigmentation de la robe varie également en fonction de la souche de la truite. On distingue deux souches : la souche atlantique (ATL), forme introduite en Savoie par la pratique des repeuplements, a pollué génétiquement les truites de souche autochtone méditerranéenne (MED) donnant lieu à des hybridations entre ces souches.
Les truites MED ont une pigmentation de forme irrégulière et dense, notamment sur l’opercule (plaque osseuse protégeant les branchies) ou le nombre de point est supérieur à 8 et même généralement > 15. La ligne latérale est généralement peu visible, contrairement aux truites ATL qui ont une ligne plus visible et qui recoupe souvent des points rouges. Sur ces truites ATL, les points sont moins nombreux et plus ronds et réguliers sur la robe et sur l’opercule (source www.truites-autochtones.org).
On observe généralement sur les truites fario de Savoie des caractéristiques des deux souches (hybridation) plus ou moins marqué ATL suivant l’ampleur des repeuplements. Des études génétiques sont en cours pour mesurer les taux d’introgression (taux de pollution génétique).

Taille et poids : Généralement de 23 à 35 cm (150 à 300 gr) mais certaines peuvent  dépasser les 50 voire 60 cm (1,5 à 2,5 kg) notamment sur des cours d’eau productifs ou de taille plus importante comme l’Isère ou le Rhône.

Sa durée de vie est relativement courte : de 4 à 6 ans ; elle serait plus importante (jusqu’à une dizaine d’année) en lac.

Répartition et habitat : La truite fario est présente naturellement dans quasiment tous les cours d’eau de Savoie, mais aussi dans la majorité des lacs de montagne où elle a été introduite et dont les populations sont soutenues par l’homme faute de reproduction.
Elle aime les eaux fraîches et oxygénées :
- température optimale : 7 à 19 °C
- température d’activité très ralentie : à 4 °C et au-dessus de 19,5 °C
- température létale (mort) : 22 à 25 °C
 - taux d’oxygène > 5,5 mg/l
Elle se situe de préférence dans les zones d’altitude et dans les parties amont des réseaux hydrographiques (Zone à truite dite de 1ère catégorie) où elle trouvera les caractéristiques les plus favorables (pente plutôt forte, assez faible hauteur d’eau, vitesse du courant assez élevé, nature du fond plutôt grossier : Cailloux, pierres, rochers). La truite s’adapte aussi très bien dans des cours d'eau de plaine.

Comportement : La truite fario est généralement sédentaire et territoriale. Son comportement se caractérise par une fidélité  à son habitat, mais elle est cependant capable d’effectuer des déplacements anadromes (vers l’amont) pour la reproduction.
La truite défend son territoire pour tendre à exclure la présence simultanée d’un congénère. La surface du territoire peut être de quelques dizaines de cm² au stade alevin, à plusieurs dizaines de m² au stade adulte.

Régime alimentaire : La truite de rivière est un poisson carnivore capable de consommer un grand nombre de proies animales : vers, crustacés (gammares), insectes aquatiques ou terrestres (éphémères, sauterelles,…). Elle consomme également du poisson (vairon, chabot) et même des congénères.

Reproduction : La maturité sexuelle est généralement atteinte à l’âge de 2 ans pour les mâles et 3 ans pour les femelles. La reproduction se déroule d’octobre à janvier dans des eaux froides, inférieur à 12 °C (optimum 5-6 °C).
Les truites mâles et femelles se rassemblent sur des zones peu profondes (20 à 40 cm d’eau), où le courant assez soutenue (30 à 70-80 cm/s), et sur fond un constitué de gravier de 2 mm à 2 cm de diamètre.
La femelle se met sur le flanc et brasse les graviers  avec sa queue tout en expulsant des œufs (1500 à 4000 œufs/ kg de truite) pendant qu’un ou plusieurs mâles lâchent leur semence.
A la fin de la reproduction, la frayère se matérialise par un petit dôme de graviers avec léger creusement juste à l’amont. Les œufs situés dans le dôme nécessite une durée d’incubation de 350 à 420 degrés-jours, soit environ 40 jours dans une eau à 10 °C ou 80 jours dans une eau à 5 °C.
Le stade capital de l’émergence (sortie du dôme de gravier) débute vers 520 degrés-jours ; les alevins sont livrés à un même dans un milieu non protégé et doivent rapidement apprendre a se déplacer et à se nourrir.

Intérêts et perspectives : Ses exigences quant à la qualité physique et chimiques de l'eau font de la truite fario un très bon indicateur de qualité du milieu aquatique. Poisson noble par excellence, la pêche de la truite constitue la passion favorite de nombreux pêcheurs savoyards.
Pourtant, cette espèce est menacée et son maintien dans certains cours d’eau ne tient plus qu'aux repeuplements. La régression de certaines populations naturelles est causée principalement par la dégradation des milieux aquatiques, la pression halieutique n’étant que secondaire puisque réglementée en taille et en nombre pour protéger le poisson.
Les dégradations peuvent être physiques (endiguements, recalibrages, curages, nettoyages du lit, extractions de matériaux, constructions d’ouvrages), chimiques (pollutions industrielles, routières, domestiques), hydrauliques (modifications des débits par la construction d’ouvrages hydroélectriques, pompages agricoles, industriels, d’eau potable, ou pour les canons à neiges).



  > Revenir en haut de page <

La truite arc en ciel

Nom latin : Oncorhynchus mykiss
Noms communs : truite arc en ciel, truite américaine


Forme :  Elle a des caractéristiques assez proches de la truite commune, mais sa tête est plus petite, sa bouche moins largement fendue, et elle a un nombre d’écailles plus élevé.

Couleur : Sa robe est argentée et ponctuée de points noirs sur le dos et les flancs, y compris sur les nageoires dorsale et caudale, avec présence d’une bande longitudinale pourpre, rose ou mauve sur les flancs.

Taille et poids : Généralement de 23 à 35 cm (200 à 300 gr) mais certains spécimens peuvent atteindre les 70 cm.

Sa durée de vie est un peu plus longue que la truite commune (8 ans)

Répartition et habitat : La truite arc en ciel (importée d’Amérique du Nord à partir de 1879) est présente dans certains cours d’eau, dans certains lacs de montagne ou en plan d’eau comme à Barouchat. Elle est présente grâce aux repeuplements des associations de pêche.
Comme tous les salmonidés, elle aime les eaux fraîches et oxygénées, mais elle est moins exigente que la truite commune :
- température optimale : 10 à 15 °C
- température létale (mort) : 25 °C
- taux d’oxygène > 4 mg/l
Elle tend à éviter les courants trop rapides, sa vitesse de nage est inférieure à celle de la truite commune.

Comportement : Elle adopte quasiment le même comportement que la truite fario.

Régime alimentaire : Son régime alimentaire est aussi comparable à celui de la truite fario.

Reproduction : La maturité sexuelle est généralement atteinte à l’âge de 2 ans. La reproduction est printanière (février à mai-juin). Cette reproduction reste exceptionnelle en France car les truites arc en ciel de la plupart des piscicultures sont des femelles (choc thermique sur les oeufs pour déterminer le sexe).
La femelle peut déposer 1500 à 2000 œufs/kg dans des frayères comparables à celles de la truite commune.
La durée d’incubation est de 290 à 340 degrés/jours.

Intérêts et perspectives : La truite arc en ciel a un intérêt halieutique indéniable grâce à une combativité plus importante que la truite fario (pêche plus sportive). Les déversements de truites arc en ciel sont une alternative pour satisfaire la pression de pêche sur certains secteurs. De plus, elle ne s’hybridera pas avec la truite fario comme pourrait le faire une truite fario de souche atlantique également issue de pisciculture.



  > Revenir en haut de page <

L'omble de fontaine

Nom latin : Salvelinus fontinalis
Noms communs : Saumon de fontaine (mais ce n'est pas un saumon), omble de fontaine


Forme : Forme générale rappelant celle de la truite mais avec un corps plus trapu (dos arqué).
La bouche est largement fendue et la mâchoire supérieure dépasse le bord de l’œil.
Il a un petit pédoncule caudal et de très petites écailles.

Couleur : Le dos et les flancs sont vert foncé avec des marbrures claires : nombreux points jaunes sur les flancs.
Le ventre est blanc rosé et les nageoires pectorales, anale et caudale sont bordées de bande blanches.

Taille et poids : Généralement de 23 et 35 cm (200 à 300 gr), il ne dépasse rarement les 40 cm (env 1 kg) en Savoie.

Sa durée de vie est relativement courte : de 3 à 5 ans

Répartition et habitat : L’omble de fontaine (importée d’Amérique du Nord à partir de 1878) est relativement peu présent dans les milieux aquatiques savoyards. Il est présent sur quelques torrents et lacs de montagne.
L’omble recherche des eaux claires, pures et froides (optimum 12 à 14 °C). Il est moins exigeant en abris que la truite si bien qu’il occupe facilement les torrents sans « caches » délaissés par la truite. On le trouve parfois en altitude, là où les conditions extrêmes ne permettent pas la présence de la truite.

Comportement : L’omble défend son territoire par un comportement agressif ("mordillages") entre congénère.

Régime alimentaire : Ce poisson possède un très grand appétit. Il se nourrit principalement des invertébrés à la dérive. Il sélectionnera les proies plus grandes et plus dures à attraper afin maximaliser le rendement par rapport à la dépense d’énergie pour pouvoir passer plus facilement les longs mois de jeûne hivernal.

Reproduction : La maturité sexuelle est généralement atteinte à l’âge de 2-3 ans. La reproduction se fait en automne et début d’hiver, d’octobre à janvier, sur des frayères similaires à celles de la truite ; les hybridations sont d’ailleurs possibles.
La fécondité est d’environ 4000 ovocytes par kg de femelle. Les œufs nécessitent une incubation de 350 à 500 degrés-jours.

Intérêts et perspectives : L’omble de fontaine est un poisson très apprécié pour la pêche sportive en raison de sa grande agressivité et de sa forte combativité.
Très sensible à toute forme de pollution, il peut très rapidement être menacé.
Des efforts de repeuplement sont faits dans certains lacs de montagne sélectionnés.

 

 

  > Revenir en haut de page <

L'omble chevalier

Nom latin : Salvelinus alpinus
Noms communs : Omble chevalier, chevalier

Forme : Aspect voisin de celui de l’omble de fontaine, avec un fin pédoncule caudal et une mâchoire supérieure qui dépasse le bord de l’œil . L’omble chevalier diffère de la truite par un corps plus élancé et par une tête plus fine.

Couleur : couleur gris vert à gris bleu sur le dos, ses flancs adoptent une couleur plus pâle avec des taches claires pour finir en une teinte blanc jaunâtre voir rougeâtre sur le ventre.

Taille et poids : Généralement 23 et 35 cm (200 à 300 gr) mais certains peuvent dépasser les 50-60 cm (1,5 à 2,5 kg) notamment dans les lacs alpins (Aiguebelette, le Bourget).

Sa durée de vie est de 8 à 10 ans, parfois plus.

Répartition et habitat : L’omble chevalier est, a quelques rares exceptions, présent uniquement dans les milieux lacustres savoyards. On le trouve dans les deux grands lacs alpins (Aiguebelette, Bourget) mais aussi dans des lacs de retenues et lacs naturels d'altitude savoyards.
Il fréquente les eaux froides (optimum de croissance à 13°C) et oxygénées. C’est le salmonidé qui supporte le mieux les très faibles températures puisqu’il est capable de s’alimenter dans des eaux proches de 0°C. En revanche, il est celui qui supporte le plus mal les eaux tièdes (mortalité à partir de 22°C).
Ils vivent par 30 à 70 mètres de profondeur, certains sur le fond, d’autres en pleine eaux. Dans les lacs de montagne, quand les eaux sont très froides en début de saison, ils sont plus proches de la surface.

Régime alimentaire : L’omble chevalier est un carnivore généraliste et assez opportuniste. En effet, il se nourrit aussi bien de zooplancton, de larves d’insectes, de mollusques que de poissons. L’alimentation débute en montagne avec le dégel, elle est maximale à la fin printemps et au début de l’été.

Reproduction : La maturité sexuelle est généralement atteinte à l’âge de 2-3 ans pour les mâles et 3-4 ans pour les femelles. Ces chiffres restent variables. En milieu productif ou la croissance est plus forte, la maturité sera plus précoce. Les femelles ne pondent pas tous les ans, et que deux fois dans leur vie.
La ponte est hivernale, de novembre à janvier, dans eaux entre 5 et 8°C. Elle se situe en profondeur dans les grands lacs alpins, mais peut se faire plus en surface dans les lacs de montagne. Les frayères (ou omblières) se situent sur des zones d’éboulis ou sur des fonds naturellement durs (galets, pierres graviers propres). Les œufs sont déposés dans les interstices, il n’y a pas de formation de frayère comme les truites.
La fécondité est d’environ 2000 à 4000 ovocytes par kg de femelle.
L’éclosion se produit après 350 degrés-jours d’incubation.

Intérêts et perspectives : L’omble Chevalier présente un intérêt halieutique (pêche). Espèce noble, il est recherché pour sa chair très fine.
L’omble chevalier présente une grande sensibilité aux pollutions. L’eutrophisation des lacs est une cause régression.
L’entretien des frayères (omblières) peut parfois s’avérer nécessaire pour nettoyer les sédiments qui les colmatent et asphyxient les oeufs.



  > Revenir en haut de page <

L'omble du Canada

Nom latin : Salvelinus namaycush
Noms communs : Omble du Canada, cristivomer, truite grise, omble gris ou omble arctique

Forme : Silhouette proche de celle des autres ombles (fin pédoncule caudal,  petites écailles). En revanche, il se différencie par une grande ouverture buccale et une nageoire caudale très échancrée (fourchue).

Couleur : Dos et flancs vert olive avec de petites taches claires irrégulières. Face ventrale jaunâtre.

Taille et poids : il peut atteindre les 70 cm mais sa croissance est lente.

Sa durée de vie est longue, jusqu’à une vingtaine d’année.

Répartition et habitat : Le cristivomer est présent sur quelques lacs de montagne très froid.
Cette espèce lacustre aime les eaux froides et profondes. Il est capable de résister à des conditions extrêmes en vivant à grande profondeur, sans lumière et par de très basses températures.

Régime alimentaire : il a une alimentation similaire à celle de l’omble chevalier (planctons, larves d’insectes, crustacés, poissons)

Reproduction : La maturité sexuelle est tardive, atteinte à l’âge de 6 à 7 ans
La ponte est automnale de septembre à novembre. La fécondité est d’environ 800 à 2400 ovocytes/kg.
L’incubation dure de 15 à 21 semaines.

Intérêts et perspectives : L’omble du Canada (cristivomer) est un poisson assez rare et fragile.
Sa croissance étant lente, 15 cm à 2 ans, 30 cm à 4 ans, 50 cm à 14 ans, et sa maturité sexuelle tardive, il nécessite une protection particulière. Sa taille légale de capture est portée à 35 cm pour qu’il puisse se reproduire.
Souvent méconnu, il le paye parfois de sa vie quand il est confondu avec d’autres salmonidés (qui n’ont pas la même taille légale de capture). 

> Revenir en haut de page <

Source : Biologie des poissons européens d'eau douce par Jacques Bruslé et Jean Pierre Quignard aux éditions TEC & DOC

FEDERATION DE SAVOIE POUR LA PECHE ET LA PROTECTION DU MILIEU AQUATIQUE
Nous contacter - www.savoiepeche.com - © 2014 Zygomatic